• Diane de La Morinière

Pas le moral? Seuls, en couple ou en famille, comment faire face à l'impatience, l'ennui, l'angoisse

Ça y est, on sait! La fin du confinement est fixée au 11 mai. On devrait se sentir rassurés: on peut se projeter sur une date, et elle n'est pas trop lointaine! Déjà huit semaines de passées, et on a tenu bon! Pourquoi alors ce malaise, ce mal-être? Impatience, ennui et angoisse sont toujours présents, selon les jours et selon les moments....

''L'Homme est un animal social'', disait déjà Aristote. Le fonctionnement de notre être est déterminé en grande partie par notre cerveau. En réponse aux actions, réactions, émotions des autres, nous savons maintenant que notre cerveau s'active en miroir (les fameux neurones miroirs), c'est à dire en observant, en faisant nôtre ce que les autres nous renvoient, ce qui nous permet d'entrer en empathie, de rejoindre l'autre. Le confinement a désorganisé la plupart des relations et interactions humaines, nous laissant désemparés, angoissés.

Les relations sociales sont nécessaires au bien-être, au sentiment d'exister. En être privé génère malaise et angoisses...

Il est donc important de garder autant que possible une vie sociale (en respectant la distanciation physique), et cela à chaque âge.

Pour certains, c'est facile et ils maîtrisent la technique et sont ravis d'échanger sur les réseaux sociaux, pendant des apéros Zoom, et autres séances de training par vidéos... Mais d'autres sont dans la solitude -subie ou choisie, ou sont plus timides, plus réservés, déprimés-même: pour eux ce sera plus difficile, et ils devront aller un peu contre leur nature, se forcer...

D'autres, en revanche, sont très à l'aise avec les conséquences du confinement: ils sont bien dans leur cocon, dans le silence et le calme. Ils aiment des activités comme lire, écrire, écouter de la musique, méditer, être loin de la frénésie habituelle... Des personnes au chômage, par exemple se sentent moins inutiles car elles se sentent moins différentes du reste de la population active, beaucoup étant confinés dans une inaction forcée.

En ce qui concerne les enfants, les camarades d'école, la maîtresse, les grand-parents leur manquent. Il est important durant ce temps de confinement, que les parents leur permettent d'être en relation avec ceux qu'ils aiment, et ce ne sont pas moyens de communication qui manquent!

Pour les personnes âgées, surtout si elles sont isolées, ou confinées dans leur chambre en Ehpad, entretenir la relation sociale, le lien affectif et familiale est fondamental, leur donne une raison de vivre. Une conséquence positive du coronavirus, grâce aux nouvelles technologies, est la multiplication des liens intergénérationnels, dont on redécouvre la richesse.

S'investir dans une initiative solidaire, une action d'utilité publique, comme la confection de masques ou la distribution alimentaire, provoque aussi du bien être tant pour celui qui reçoit que pour celui qui donne. (voir blog: confinement: comment rester positif?)


Le temps s'étire, et si pour certain c'est du temps retrouvé, pour d'autres les moments vides d'activité et de sens provoque un sentiment d'ennui.

Blaise Pascal, dans ses Pensées l'avait bien vu: ''Ennui. Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être sans passions, sans affaires, sans divertissement. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide''

A certains moments de la journée, les grands comme les petits tournent en rond.

Sans ''choses à faire'', le cerveau va mouliner, et certains souvenirs enfouis peuvent remonter, et générer différentes émotions. (voir blog: confinement et gestion des émotions). On pourra s'efforcer de rediriger ses pensées sur l'après, accueillir ce qu'était sa vie avant, et se demander ce que l'on pourrait changer, améliorer, sur quoi se recentrer, avec qui resserrer les liens...

Concernant les enfants: il est important de les laisser s'ennuyer. Cela développe leur intériorité, ainsi que leur créativité....


Enfin de patience nous devons nous armer! Même si le Premier Ministre nous a donné le 11 Mai comme horizon d'un déconfinement possible, notre impatience ne pourra rien changer!

Le confinement permettant une plus grande souplesse par rapport aux horaires, (dépêche-toi! On va être en retard!)) on pourra se demander si l'on ne confond pas souvent impatience et avec agacement. Sommes- nous impatients envers nos enfants, ou sommes-nous agacés par notre impuissance, (à les faire travailler, à les faire aller se coucher, par exemple)? Notre impatience vient du fait que nous voulons gagner sur tous les plans, être en contrôle. Cette épreuve du coronavirus nous remet devant nos impuissances, notre vulnérabilité.

La patience n'est pas se mettre dans une attitude passive, abandonner, attendre que ça passe. Patienter est le contraire de se résigner. Patienter c'est au contraire, habiter le temps qui s'offre, l'accueillir. Pour se mettre dans une attitude de confiance, en son conjoint, en ses enfants, en l'avenir...

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