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Se retrouver face à soi-même: confinement et gestion des émotions - SOS Soutien psychologique (2)

Updated: 5 days ago


Que l'on soit confiné seul chez soi ou bien à plusieurs sous le même toit, cette pandémie et le confinement qui en résulte nous met d'abord face à nous même. Comment je vais réagir à l'enfermement? Est-ce que je vais être contaminé? Serai-je atteint légèrement, gravement, mortellement? Et ceux que j'aime? Combien de temps je peux tenir? Quand est-ce que cela finira?


I- Ces questions -légitimes et graves- provoquent forcément en soi des émotions, des sentiments, des ressentiments...

Se présentent là, plusieurs alternatives:

=>Je peux laisser le flux de mes émotions sortir, s'exprimer plus ou moins fort, plus ou moins violemment.

J'ai tellement peur....Je suis tellement triste d'être seul... je ne supporte plus d'être entravé dans mes mouvements... je suis furieux contre les autres qui ne respectent pas les consignes de sécurité... Je suis très en colère contre les gouvernants... Les enfants sont insupportables... Mon conjoint est trop sur mon dos....

Le risque est de se laisser submerger, de perdre le contrôle de ses mots, de ses actes.


=>Je peux décider de les minimiser, de les enfouir, de les mettre sous le tapis, en trouvant d'ailleurs des bonnes raisons. C'est vraiment pas le moment.... On verra ça plus tard... Je veux en épargner mes proches...

Mais là, je ne m'écoute pas, je ne fais que repousser le sujet, et on sait que mettre ses émotions dans sa poche et son mouchoir par dessus engendre un effet cocotte-minute: ça va ressortir, plus fort, voir exploser, au mauvais moment, pour le mauvais sujet, avec la mauvaise personne.


=>Je peux aussi penser que je n'en éprouve pas. Ça n'est pas mon genre... Moi, je suis solide... Les gens s'écoutent trop... et se retrouver ainsi dans une forme de déni.

Chacun de nous est un être avec un cerveau (siège de la réflexion et de l'élaboration) un corps (siège de l'action et de la perception) et un cœur (siège de l'émotion et des sentiments). Donc ce n'est pas parce que je ne ''sais'' pas (cerveau) que j'ai des émotions, et/ou que je n'en ressens pas (corps), que je n'en ai pas (cœur).

Donc dénier ses émotions ne veut pas dire que je n'en ai pas.


=>Je peux penser qu'il y a des "bonnes" et des "mauvaises" émotions. Évidemment il faut être touché et empathique... La peur ne mène à rien... La colère est, on le sait, mauvaise conseillère...

Non, elles ont toutes leur utilité, leur rôle.


Il faut revenir à la définition du mot: une émotion est une réaction affective provoquée par un stimuli venu de l'environnement, de l' extérieur (on citera les principales: peur, joie, tristesse, colère, dégout, honte...). Ce qui je ressens face à une situation existe, ''est''. De plus chaque émotion ressentie a une utilité, un rôle.

Prenons l'exemple la peur: si j'ai peur, c'est que je pense qu'il y a un danger. Tout mon être se met en alerte et fonctionne pour trouver le comportement adéquat, la réponse appropriée. Mon rythme cardiaque s'accélère, mon cerveau, mes muscles sont plus irrigués. Je vais prendre la bonne décision, adopter le bon comportement. Je vais courir plus vite ou me défendre mieux...

Il n'y a donc ni bonnes ni mauvaises émotions.


II- Comment faire?

La difficulté va être, alors que le contexte, l'environnement, sa vie quotidienne, sont chamboulés, de trouver en soi la façon de les gérer.


=>D'abord garder en tête comment les émotions fonctionnent.

-Elle sont liées à notre environnement, à notre histoire, à notre personnalité. Nous sommes tous différents. Telle personne sera très sensible à une injustice, tandis qu'une autre ne supporte pas l'autorité.

Ce que nous vivons dans cette crise est nouveau pour tout le monde. Personne ne l'a vu venir, donc nous n'avons pas pu nous créer des références, des réflexes ou des défenses.


-Il arrivent qu'elles s'emparent de nous avec rapidité, avant même que nous ayons pris conscience de leur apparition.

Et en ce moment, se décline toute la gamme des émotions.

Si beaucoup sont dans le registre de la peur, de l'inquiétude à l'angoisse, d'autres sont dans celui de la colère: de l'énervement à la violence.

Enfin d'autres sont dans la tristesse, dans la douleur de la maladie (d'eux-même ou d'un proche) et, malheureusement aussi, dans la souffrance d'un deuil.


=>Vouloir ''être maître chez soi'': j'ai conscience que des émotions surviennent en moi, mais je reste maître, elles me sont utiles, elles sont à mon service. Ce n'est pas elles qui me manipulent, je ne suis pas un pantin dont elles tiendraient les ficelles.


=>Bien les identifier: on peut se croire en grande colère, alors qu'en fait on est extrêmement triste...


=> Les accepter: de toute façon, je la ressens, cette émotion. Elle ''est''. Et je sais qu'elle a une raison d'être, un rôle dans ce moment, en ce confinement, que je vis. Même si c'est très dur, même si cela ne me fait pas plaisir, je me dis qu'il est normal d'en ressentir.


=>Les relier à son corps. Comment faire pour accéder à quelque chose d'aussi abstrait et immatériel qu'une émotion? Justement, prendre conscience que ça se passe en moi. J'ai ''les boules''?... Je ressens un poids dans le bas-ventre?.. Mes poumons sont oppressés?... Je respire mal?... J'ai une chape de plomb sur les épaules?... Mon plexus solaire est enfoncé?


=>Se concentrer sur l'endroit du corps où je ressens l'émotion. Visualiser un objet qui l'incarne. C'est une boule... c'est un poids... c'est une lame: quelle taille? chaud, froid? lourd, léger? de quelle couleur? de quel matière?...

Préciser la place de cet objet-émotion par rapport à moi. Est-ce que cette boule, ce poids, ou autre objet est toujours en moi? Et quand il n'est pas là, il est où? Quand, pourquoi il apparait? Est-ce que je le sens venir? Quel sont les moments ou les situations où il ne m'envahit pas?

Peu à peu, je vais réaliser que je peux prendre la main, devenir actif. Qu'est-ce que je pourrai faire de cet objet-émotion la prochaine fois que je le ressentirai? Pourquoi y a t'il des situations, des moments où j'en suis bien loin? des personnes avec lesquelles il ne se présente pas? Puis-je repérer les fois où il ne m'envahit pas? A la maison? Au travail?


En faisant ce travail -repérer où je ressens cette émotion dans mon corps, matérialiser cette émotion, prendre la main dessus- je serai capable :

-de recréer les conditions (émotionnelles, matérielles, circonstancielles) que j'ai observé comme étant propices à la bonne gestion de mes émotions

-de me connecter à moi-même et d'exprimer mes émotions sans me laisser submerger par elles.

Et des émotions, dans cet épisode de vie, si particulier, si difficile, si cruel même, nous allons en vivre...


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